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Quelles voies de recours face à une mise en examen ?

21/04/2026
Quelles voies de recours face à une mise en examen ?
Contestez votre mise en examen : délais de dix jours et six mois, arguments juridiques recevables et stratégies

 

Face à une mise en examen, de nombreuses personnes s'interrogent sur leurs possibilités de recours et les chances réelles d'obtenir gain de cause. La réforme de septembre 2024 a modifié les modalités de contestation, rendant certains arguments irrecevables alors que de nouveaux délais de recours ont été instaurés. Maître Cécile Anglade, avocate en droit pénal à Paris 18e, accompagne régulièrement ses clients dans ces procédures complexes devant la chambre de l'instruction. Entre espoirs légitimes et réalisme juridique, la contestation d'une mise en examen nécessite une stratégie précise et adaptée. Comprendre les mécanismes juridiques et les objectifs atteignables permet d'éviter les déceptions et de maximiser ses chances de succès.

  • Respecter impérativement le délai de 6 mois pour soulever les nullités de procédure (ce délai court à nouveau après chaque interrogatoire ultérieur pour les actes antérieurs)
  • Privilégier la stratégie indirecte en attaquant d'abord l'interrogatoire de première comparution, dont l'annulation entraîne automatiquement celle de la mise en examen
  • Exploiter le nouveau recours direct de 10 jours introduit par la réforme de 2024 pour contester rapidement une mise en examen infondée

Solliciter l'annulation de la mise en examen pour vice de forme

Le temps constitue l'ennemi principal de toute personne souhaitant contester la régularité de sa mise en examen.

L'article 173-1 du Code de procédure pénale impose un délai de forclusion de six mois à compter de l'interrogatoire de première comparution pour soulever les nullités de procédure. Ce délai court également après chaque interrogatoire ultérieur du mis en examen, permettant de contester les actes accomplis avant cet interrogatoire. Une confrontation au cours de laquelle le juge interroge la personne sur les derniers actes d'enquête s'apparente à un interrogatoire et fait courir un nouveau délai de forclusion de six mois. Passé ce délai, la clôture de l'instruction aura pour effet la "purge des nullités" et la régularité de la procédure ne pourra plus être remise en cause.

Exemple pratique : Un chef d'entreprise est mis en examen le 15 janvier pour abus de biens sociaux. S'il découvre en mars que son avocat n'avait pas été convoqué dans le délai légal de cinq jours ouvrables avant l'interrogatoire, il devra impérativement déposer sa requête en nullité avant le 15 juillet. Un jour de retard, et cette irrégularité pourtant flagrante ne pourra plus être invoquée. Néanmoins, si un nouvel interrogatoire a lieu le 1er avril concernant une perquisition effectuée en février, un nouveau délai de six mois courra jusqu'au 1er octobre pour contester cette perquisition.

La requête doit être déposée au greffe de la chambre de l'instruction de la cour d'appel concernée, avec une déclaration constatée et datée par le greffier, et transmise au juge d'instruction en charge de l'affaire. Pour les personnes détenues, la déclaration peut être faite auprès du chef de l'établissement pénitentiaire.

À noter : Le président peut constater l'irrecevabilité manifeste de la requête dans les huit jours de la réception du dossier par ordonnance non susceptible de recours.

Les modifications relatives aux vices de forme invocables

Depuis la réforme de septembre 2024, confirmée par un arrêt de la Cour de cassation du 18 novembre 2025, l'absence d'indices graves ou concordants ne peut plus justifier une nullité de la mise en examen. Cette modification majeure ferme la voie qui était fréquemment utilisée par les avocats. Cet argument est devenu ainsi exclusivement invocable dans le cadre d'une demande de démise en examen.

L'interrogatoire de première comparution peut tout de même être contesté pour vice de procédure eu égard aux modalités de convocation de l'avocat, l'absence d'enregistrement de l'interrogatoire en matière criminelle ou encore en l'absence de signature du greffier du procès-verbal. Ce premier interrogatoire constituant le support nécessaire de la mise en examen, son annulation entraîne automatiquement la nullité de la mise en examen.

La convocation à l'interrogatoire de première comparution doit elle-même respecter des modalités strictes. Elle doit intervenir dans un délai qui ne peut être inférieur à dix jours ni supérieur à deux mois. La lettre de convocation doit donner connaissance de chacun des faits pour lesquels la mise en examen est envisagée en précisant leur qualification juridique. Si ces éléments sont omis et que la personne n'est pas assistée par un avocat, le juge d'instruction ne pourra pas procéder à la mise en examen pour les faits non mentionnés.

Solliciter une démise en examen pour absence d'indices graves ou concordants

L'article 80-1-1 du Code de procédure pénale prévoit qu'une demande de démise en examen peut être présentée au juge d'instruction afin de contester une décision jugée infondée. Le juge d'instruction doit alors motiver plus précisément en quoi les indices recueillis sont suffisamment graves ou concordants pour justifier la mise en examen de la personne.

Avant la réforme entrée en vigueur le 30 septembre 2024, cette procédure n'était accessible qu'après un délai de six mois suivant la mise en examen de la personne et dans les dix jours suivant la notification d'une expertise ou d'un interrogatoire portant sur de nouveaux éléments. Désormais, cette contestation est également possible au moment de la mise en examen, ainsi que dans un délai de dix jours suivant la mise en examen.

Si le juge refuse cette demande par ordonnance motivée, un appel devant la chambre de l'instruction reste possible dans le même délai de 10 jours.

Important : À défaut de réponse du juge d'instruction dans un délai d'un mois, la chambre de l'instruction peut être saisie directement de la demande.

La procédure devant la chambre de l'instruction

La procédure devant la chambre de l'instruction est essentiellement écrite et technique. Les avocats doivent déposer des mémoires détaillés au plus tard la veille de l'audience. Les débats se concentrent sur des points de droit précis, nécessitant une parfaite connaissance du dossier et des règles juridiques applicables. Pour comprendre tous les enjeux de cette phase cruciale, il est essentiel de maîtriser les subtilités de l'instruction judiciaire et ses différentes étapes procédurales.

L'audience se déroule par principe en chambre du conseil, sans public, bien que la personne mise en examen puisse demander la publicité des débats. Cette demande peut être refusée si la chambre estime qu'elle risquerait de porter atteinte à l'ordre public ou aux intérêts d'une partie. La parole doit obligatoirement être donnée en dernier à la personne mise en examen ou son avocat.

La contestation d'une mise en examen requiert une expertise approfondie du droit pénal et de la procédure pénale. Maître Cécile Anglade, avocate à Paris 18e, accompagne ses clients dans l'analyse minutieuse de leur dossier pour identifier les vices de procédure exploitables et définir la stratégie la plus adaptée. Le cabinet intervient à tous les stades de la procédure, de l'urgence initiale jusqu'à l'audience devant la chambre de l'instruction, en privilégiant toujours une approche réaliste et transparente sur les chances de succès. Si vous êtes confronté à une mise en examen dans la région parisienne, une consultation permettra d'évaluer précisément vos options et de mettre en place une défense structurée respectant les délais impératifs de la procédure.