Lorsqu’une personne est placée en garde à vue, une question récurrente se pose : peut-elle prévenir ses proches et quelles sont les modalités imposées à ce titre ?
De la même façon, les proches d’une personne placée en garde à vue qui apprennent soudainement l’interpellation se retrouvent confrontés à une série de questions, cherchant généralement à savoir dans quel commissariat se trouve la personne, comment désigner ou contacter un avocat, les renseignements à transmettre au cabinet, les documents qu’ils doivent préparer, ce qu’ils peuvent faire sans risquer de perturber l’enquête, ou encore comment gérer les enfants, l’employeur, les animaux, un traitement médical ou un rendez-vous important.
Une personne gardée à vue peut demander à ce qu’une personne qu’elle désigne soit avisée du placement. Il peut s’agir d’un conjoint, d’un membre de sa famille, d’un colocataire ou d’un ami.
Elle peut également faire prévenir son employeur et, en cas de nationalité étrangère, les autorités consulaires de son pays.
Deux types de communications sont alors possibles :
Sans organisation rapide, plusieurs difficultés peuvent s’accumuler :
Une mauvaise réaction du proche peut également aggraver la situation. Il ne faut pas appeler la victime, un témoin ou une autre personne impliquée pour obtenir une rétractation, harmoniser les versions ou demander la suppression de messages.
Exemple concret : après avoir appris une garde à vue, un proche contacte immédiatement plusieurs protagonistes du dossier pour « comprendre ce qui s’est passé ». Ces appels peuvent être interprétés comme une tentative de concertation ou de pression et compliquer la défense de la personne interpellée.
Formuler clairement la demande d’avis. Demander expressément que soit prévenue une personne précise et fournir un numéro exact. La personne peut également demander que son employeur soit informé, sans qu’il soit nécessaire de lui communiquer les détails de l’affaire. Pour un ressortissant étranger, demander l’information des autorités consulaires peut être particulièrement utile.
Demander, lorsque cela est utile, une communication directe. L’officier de police judiciaire en détermine le moment, les modalités et la durée. Si la communication est accordée, le message doit rester strictement pratique : lieu de la garde à vue, nécessité de contacter l’avocat, organisation des enfants, traitement médical ou information de l’employeur. Les faits eux-mêmes ne doivent pas être discutés.
Donner au proche une mission précise. Le proche doit contacter l’avocat et transmettre :
Préparer les documents nécessaires pour la suite. En cas de défèrement, et notamment de passage en comparution immédiate, le proche peut préparer des justificatifs de domicile, d’emploi, de formation, de situation familiale et de suivi médical.
Traiter immédiatement les problèmes médicaux. La personne gardée à vue peut demander un médecin. En l’absence de demande de sa part, un membre de sa famille peut également demander un examen médical. Le proche doit signaler précisément le traitement, les doses, les allergies et l’endroit où se trouve l’ordonnance.
Ne pas intervenir dans le fond du dossier. Le proche ne doit ni enquêter lui-même, ni récupérer un téléphone chez un tiers, ni supprimer des publications, ni contacter les protagonistes. Les éléments potentiellement utiles doivent être signalés à l’avocat, qui décidera de la manière juridiquement appropriée de les conserver ou de les produire.
Si vous ou l’un de vos proches êtes confronté à un placement en garde à vue, n’hésitez pas à solliciter les services de Maître Cécile Anglade, avocate en droit pénal à Paris 18e. Elle assure une intervention immédiate afin d’assurer la protection rigoureuse des droits de la défense tout en garantissant le respect du secret professionnel.